Penser autrement : la logique des niveaux

Nous avons trouvé une étrange empreinte sur les rivages de l’inconnu. L’une après l’autre, nous avons élaboré de profondes théories pour rendre compte de son origine. Finalement, nous avons réussi à reconstituer la créature qui a déposé cette empreinte.
Et voilà ! c’était la nôtre…
Arthur S. Eddington (1) »

Toute notre éducation est basée sur la logique aristotélicienne (logique binaire). Cette logique gé­nère des « a-priorismes » et des structures mentales impropres à l’élargissement de la pensée. Le langage qui en découle démontre assez ses limitations. Ces carcans ont été bien expliqués en 1933 par Alfred Korzybski. On comprendra alors à quelles vastes possibilités on ouvrirait le mental des élèves en les préparant à d’autres logiques.

La pensée “Maginot”

Dans son maître ouvrage de 1933, Science and Sanity (An introduction to non-aristotelian systems and general semantics. The International Non-Aristotelian Library – 1933) Alfred Korzybski fait référence à la « Maginot line mentalities » en dénonçant la stupidité des ploutocrates et intellectuels français qui se retranchaient du péril allemand juste avant la Deuxième Guerre mondiale, derrière cette barrière ô combien inefficace. Il utilisait alors un simple euphémisme, quelque peu prémonitoire, pour démontrer ce que pouvait être le symbole flagrant de l’attachement à des idées basées sur des semi-modèles et l’utilisation d’une logique qui n’est pas extensive.

La notion de système, d’organisation structurée, n’est pas départie de l’esprit humain qui l’a élaborée. Comme l’a souligné Edgar Morin, lorsque l’observateur mesure le “réel”, le “réel” donne la mesure de l’esprit de l’observateur. Ainsi l’étude des systèmes humains nous renseigne sur notre psychologie profonde, notre façon de penser, notre structure mentale.

Or ce que montre Korzybski dans sa sémantique générale c’est que, dans notre prise de perception du monde, dans nos méthodes de communication (ou d’asservissement) avec la nature, nous procédons par abstractions successives, du niveau des “événements” au niveau des “objets” et enfin de leur verbalisation.

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Jean-Rémi

New Media journalist and Publisher

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